Aristide Maillol

Femme les deux mains aux cheveux 1905 ou avant

Édition Vollard, à partir de 1905
Modèle n°11, « Femme les deux mains aux cheveux », Catalogue des sculptures de Maillol éditées par Ambroise Vollard, établi par Ursel Berger (voir 2021 BERGER-LEBON, p. 15).
Fonte au sable Florentin Godard (sans marque de fondeur), exécutée entre 1907 et 1937
Monogramme de l’artiste, dans un cercle (au dos) : AM
H. 38 ; L.10 ; P.11,5 cm

Provenance

  • États-Unis, collection particulière

Bibliographie

  • 1939 GEORGE : Waldemar George, Maillol, Berlin, G. Weise, 1939, n°8, repr.
  • 1996 CATALOGUE EXPOSITION MUSÉE BERLIN-LAUSANNE-BRÊME-MANNHEIM : commissariat de Ursel Berger, Jörg Zutter, Aristide Maillol, catalogue d’exposition [Berlin, Georg-Kolbe Museum, 14 janvier – 5 mai 1996, Lausanne, musée cantonal des beaux-arts, 15 mai – 22 septembre 1996, Brême, Gerhard Marcks Museum, 6 octobre 1996 – 13 janvier 1997, Mannheim, Städtische Kunsthalle, 25 janvier – 31 mars 1997], Paris, Flammarion-musée des Beaux-Arts de Lausanne, 1996, cat. n°55 (autre épreuve).
  • 2003 LEBON : Élisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronzes d’art France 1890-1950, Perth, Marjon éditions, 2003.
  • 2015 CATALOGUE EXPOSITION MUSÉE PARIS : commissariat de Angelika Affentranger-Kirchrath, Marianne Mathieu, Villa Flora. Les temps enchantés, catalogue d’exposition [Paris, musée Marmottan Monet, 10 septembre 2015 – 7 février 2016], Paris, Musée Marmottan Monet-Hazan, 2015, cat. n°20 (autre épreuve).

L’année 1905

Aristide Maillol crée le modèle de la Femme les deux mains aux cheveux au plus tard en 1905, année charnière dans sa carrière de sculpteur. En effet, à cette date, alors qu’il expose son œuvre sculpté depuis à peine 10 ans, son parcours est ponctué par deux avancées majeures. La première, c’est la reconnaissance du public, obtenue lors du Salon d’Automne grâce à l’exposition de la sculpture La Méditerranée. Le second bouleversement pour Maillol en 1905, c’est la signature d’un deuxième contrat pour l’édition en bronze de certains de ses modèles avec le marchand Ambroise Vollard. Ce dernier, qui avait organisé la première exposition monographique de Maillol en 1902, lui avait fait signer dans la foulée son premier contrat d’édition.
 
Dans le deuxième contrat, daté du 20 décembre 1905[1], l’œuvre présentée ici est listée comme « Femme les deux mains dans les cheveux », et acquise par Ambroise Vollard « avec le droit d’édition et de reproduction ». Ainsi devient-il le seul détenteur du droit d’édition, étant précisé que c’est seulement après la modification de la loi du 9 avril 1910 que les sculpteurs français conserveront leurs droits sur une œuvre après sa vente[2].
 

L’édition « Vollard »

Ambroise Vollard fait donc éditer en toute légalité la Femme les deux mains aux cheveux, dans un tirage illimité, selon la tradition des marchands de bronze du XIXe siècle. Par conséquent, le nombre d’épreuves de la Femme les deux mains aux cheveux est difficile à déterminer.
 
Quatre épreuves sont localisées dans des collections publiques. Une première épreuve appartient au musée Pouchkine à Moscou et provient de l’ancienne collection Morosov, acquise par ce dernier directement auprès de la galerie Vollard vers 1910. Deux autres épreuves sont conservées en Suisse : une première à la villa Flora, à Winterthur, et provient de l’ancienne collection Hahnloser[3], tandis que la deuxième est conservée dans les collections du Kunstmuseum, à Bâle (achat du musée en 1932, n°inv. P 61). Enfin, la quatrième épreuve est conservée dans les collections de la Nationalgalerie à Berlin (achat du musée en 1949, n°inv. B 14). Une épreuve en bronze de Femme les deux mains aux cheveux, aujourd’hui toujours en mains privées, provient également d’un grand collectionneur de Maillol : il s’agit de l’exemplaire autrefois dans la collection d’Albert Dreyfus, critique d’art et ami du sculpteur[4].
 
Pour ses éditions en bronze, Ambroise Vollard fait travailler à partir de 1907 la fonderie parisienne Florentin Godard, qui travaille selon la technique de la fonte au sable. Cette production, à laquelle appartient notre épreuve, ne porte en général pas de marque de fondeur et s’achève vers 1937[5].
 

La Femme les deux mains aux cheveux : une statuette représentative des débuts de Maillol sculpteur

Mis à part les reliefs en bois, les premières sculptures de Maillol sont de petites rondes bosses représentant des figures féminines vêtues ou dévêtues, agenouillées ou debout. Parmi ces dernières, se trouvent l’Ève à la pomme (1899), la Bergère (1897), la Baigneuse au bras levé (1900), ou encore la Jeune fille debout (vers 1903). Avec la Femme les deux mains aux cheveux, Maillol reprend le thème de Femme se coiffant (1898), mais cette fois dans une composition plus compacte, aux proportions plus ramassées, c’est-à-dire dans un esprit franchement catalan, tel qu’il se manifeste dans les productions de ses confrères Manolo Hugué, Joachin Claret, ou José Clara.

[1] Ce contrat est conservé dans des archives privées.
[2] Voir 2003 LEBON, p.91.
[3] Dans le catalogue 2015 CATALOGUE EXPOSITION MUSÉE PARIS, la Baigneuse se coiffant (cat. n°20) est présentée sous le titre de Femme aux bras levés et datée vers 1901.
[4] L’œuvre est reproduite au cat. n°55 dans 1996 CATALOGUE EXPOSITION MUSÉE BERLIN-LAUSANNE-BRÊME-MANNHEIM.
[5] Dans 2003 LEBON, p. 166, Élisabeth Lebon précise que l’activité de Florentin Godard cesse vers 1933-1937.