Pablo Gargallo
Petite volupté à genoux 1907
Terre cuite originale
Monogrammé (sur la base à droite à l’arrière) : PG
23 x 8,8 x 15 cm
Provenance
- Atelier de l’artiste
- France, famille de l’artiste
Bibliographie
- 1970 EXPOSITION : Gargallo, Paris, musée Rodin, 1970, cat.9 (bronze, collection Anguera-Gargallo).
- 1973 COURTHION : Courthion, Pierre, Pablo Gargallo, catalogue raisonné par Pierrette Anguera-Gargallo, XXe Siècle, Paris, 1973, repr. n°18.
- 1979 ANGUERA : Anguera, Jean, Pablo Gargallo, éditions Carmen Martinez, 1979 Paris.
- 1998 CATALOGUE RAISONNÉ : Gargallo-Anguera, Pierrette, Pablo Gargallo, catalogue raisonné, préface de Philippe Dagen, l’Amateur, 1998, p.75, n°30.
- 2001 EXPOSITION : Pablo Gargallo, Monnaie de Paris, 3 avril – 10 juin 2001, repr. p.21.
- 2004 EXPOSITION : Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, Valencia, 29 janvier- 2 mai 2004, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre 2004, repr. p.126-127.
- 2004 MUSEO PABLO GARGALLO : Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, 2004.
- 2018 CASTRES : Gargallo, le vide est plénitude, Augé, Jean-Louis, sous la direction de, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018, repr.p.67.
Expositions de la terre cuite
- 1916 BARCELONE, Gargallo, Galeríes Laietanes, octobre.
- 1980-1981 PARIS, Pablo Gargallo, musée d’art moderne de la ville, 18 décembre-1er mars, n°12.
- 1981-1982 MADRID ZARAGOZA, Gargallo Exposición del Centenario, Palacio de Cristal, 20 octobre-26 novembre, La Lonja, 7 décembre-10 janvier, n°26.
- 2001 PARIS, Pablo Gargallo, La Monnaie, 3 avril-10 juin.
- 2004 VALENCIA-BIARRITZ, Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, 29 janvier- 2 mai 2004, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre 2004.
Expositions sélectives d’un bronze
- 1934 BARCELONE, Gargallo, Sala Parés, 7-21 décembre.
- 1934, REUS, Gargallo, Centro de lectura, 25 décembre.
- 1937 PARIS, Maîtres de l’art indépendant, Petit Palais, juin-octobre, n°25
- 1935, BARCELONE, Exposició à l’escultor Pau Gargallo, Sala Parés, 26 janvier-8 février.
- 1947 PARIS, Rétrospective Gargallo, Arcades des jardins du Petit Palais, 9-24 mai.
- 1970 PARIS, Gargallo, musée Rodin, 23 avril-8juin, cat.9
- 2018 CASTRES, Gargallo, le vide est plénitude, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018.
« Dans toutes compositions, il y a des proportions instinctives ou intuitives et scientifiques ou empiriques. Avec l’équilibre, en employant les unes et les autres, la déformation n’existera jamais, au contraire il en résultera une formation. » Gargallo[1]
Petite volupté à genoux constitue l’un des premiers témoignages du langage personnel de Gargallo. Encore jeune artiste, il sculpte à cette période des éléments de décor pour des monuments à Barcelone : le théâtre Bosc et le Palais de la musique catalane. Lors de séjours réguliers à Paris, il hume l’air nouveau des avant-gardes. Il fréquente Picasso et voit Les Demoiselles d’Avignon. En 1907, il fait sa propre révolution en créant le Petit Masque à la mèche dans une mince feuille de cuivre : « un jour je me mis à faire un masque avec une plaque, dans mon atelier, et devant cette œuvre, je vous assure, je bondis de joie. Mon cœur me disait que je venais de faire une découverte ! Quelque chose mon ami, qui cachait des possibilités illimitées, extrêmement vastes. »[2]. À la même période, il se lance dans la création de plusieurs petites figurines en terre-cuite dans lesquelles il laisse libre cours à ses désirs et ses visions : Petite Faunesse étendue (1906), notre Petite Volupté à genoux (1907) et Petite faunesse debout attestent de ce vent de liberté. « C’est avec la série des petites sculptures de 1906 à 1908 que Gargallo cherche, non plus à copier la nature, mais à la réinventer. »[3]
Petite volupté à genoux présente les caractéristiques propres de la vision créative de Gargallo ; une vision faite d’arabesques, de courbes sensuelles, de volupté. Un terme qu’il reprend pour qualifier cette sculpture puis une autre, un marbre de 1908[4] dans laquelle il reprend en partie la pose de la terre cuite. Il reprend aussi la tête inclinée de Petite volupté à genoux et l’agrandit pour en faire une œuvre autonome : Tête de Femme inclinée en terre cuite (1908)[5], puis éditée en bronze.
Dans Petite volupté à genoux, la taille est très resserrée tandis que le bassin et la poitrine sont larges et abondants. Les formes féminines sont exacerbées. Les cuisses longues et bombées, les bras placés en arrière dégageant la poitrine, la tête abandonnée sur l’épaule, « communiquent un plaisir sensuel, traduisent avec raffinement le sentiment de jouissance ». La posture est marquée par les mouvements exagérés de la tête penchée sur le côté, du buste courbé en avant et en torsion, et des jambes repliées. Cette attitude maniérée évoque celles des déesses hindoues chez lesquelles on retrouve une alliance comparable entre les lignes cassées par des poses complexes et la rondeur des chairs.
Petite volupté à genoux présente une patine d’un brun chaud et un modelé lisse, excepté dans le dos. À l’arrière de la sculpture le modelé n’est pas fini sur le haut du dos, la chevelure, la plante des pieds ; l’avant-bras et la main gauche du modèle sont manquants. Il semble que la figure devait être adossée à une paroi et qu’elle en ait été détachée.
Notre Petite volupté à genoux est la terre cuite originale provenant directement de l’atelier de l’artiste, puis de sa succession. Elle porte le monogramme de l’artiste « PG ». Il existe deux autres terres cuites réalisées par Gargallo dont l’une est conservée au musée de l’Abbaye de Montserrat, près de Barcelone.
L’édition en bronze du modèle comprend 7 exemplaires numérotés ainsi que 3 épreuves d’artistes, 1 bronze hors commerce n°1/1 et 1 bronze « museo Pablo Gargallo », conservées au musée Pablo Gargallo de Saragosse, en Espagne. À cela s’ajoutent des tirages non numérotés, donnés par Gargallo à des amis, dont certains sont répertoriés et numérotés a posteriori dans le catalogue raisonné. Ce modèle séduisant a eu un succès certain.
[1] 1979 ANGUERA, p.60.
[2] Cité in. Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, 2004, p.58.
[3] 1979 ANGUERA, p.59.
[4] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°35.
[5] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°33.