Pablo Gargallo
Petite faunesse debout 1908
Terre cuite originale
Monogrammé (sur la base à droite) : PG
Daté (sur la base à droite) : 08
25 x 8,5 x 8 cm
Provenance
- Atelier de l’artiste
- France, famille de l’artiste
Bibliographie
- 1970 EXPOSITION : Gargallo, Paris, musée Rodin, 1970, cat.10 (bronze, collection Anguera-Gargallo).
- 1973 COURTHION : Courthion, Pierre, Pablo Gargallo, catalogue raisonné par Pierrette Anguera-Gargallo, XXe Siècle, Paris, 1973, repr. n°23.
- 1979 ANGUERA : Anguera, Jean, Pablo Gargallo, éditions Carmen Martinez, 1979 Paris.
- 1998 CATALOGUE RAISONNÉ : Gargallo-Anguera, Pierrette, Pablo Gargallo, catalogue raisonné, préface de Philippe Dagen, l’Amateur, 1998, p.79, n°34.
- 2004 EXPOSITION : Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, Valencia, 29 janvier- 2 mai 2004, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre 2004, repr.p.132-133.
- 2004 MUSEO PABLO GARGALLO : Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, 2004.
- 2018 CASTRES : Gargallo, le vide est plénitude, Augé, Jean-Louis, sous la direction de, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018, repr.p.64.
Expositions de la terre cuite
- 1916 BARCELONE, Gargallo, Galeríes Laietanes, octobre.
- 1947 PARIS, Rétrospective Gargallo, Arcades des jardins du Petit Palais, 9-24 mai.
- 1980-1981 PARIS, Pablo Gargallo, musée d’art moderne de la ville, 18 décembre-1er mars, n°15.
- 1981 BARCELONE, Gargallo Exposició del Centenari, Gargallo, Palau de la Virreina, 1 avril-24 mai, n°
- 1981 LISBONNE, Gargallo, Fondation Calouste Gulbekian, juin-juillet, n°
- 1981-1982 MADRID ZARAGOZA, Gargallo Exposición del Centenario, Palacio de Cristal, 20 octobre-26 novembre, La Lonja, 7 décembre-10 janvier, n°29.
- 2004 VALENCIA-BIARRITZ, Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, 29 janvier- 2 mai 2004, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre 2004.
Expositions sélectives d’un bronze
- 1937 PARIS, Maîtres de l’art indépendant, Petit Palais, juin-octobre, n°22
- 1959, PARIS, Jeunesse des maîtres de la sculpture du XXe, musée Rodin, 16 octobre-30 novembre.
- 1970 PARIS, Gargallo, musée Rodin, 23 avril-8juin, cat.10
- 2018 CASTRES : Gargallo, le vide est plénitude, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018.
« Dans toutes compositions, il y a des proportions instinctives ou intuitives et scientifiques ou empiriques. Avec l’équilibre, en employant les unes et les autres, la déformation n’existera jamais, au contraire il en résultera une formation. » Gargallo[1]
Petite faunesse debout constitue l’un des premiers témoignages du langage personnel de Gargallo. Encore jeune artiste, il sculpte à cette période des éléments de décor pour des monuments à Barcelone : le théâtre Bosc et le Palais de la musique catalane. Lors de séjours réguliers à Paris, il hume l’air nouveau des avant-gardes. Il fréquente Picasso et voit Les Demoiselles d’Avignon. En 1907, il fait sa propre révolution en créant le Petit Masque à la mèche dans une mince feuille de cuivre : « un jour je me mis à faire un masque avec une plaque, dans mon atelier, et devant cette œuvre, je vous assure, je bondis de joie. Mon cœur me disait que je venais de faire une découverte ! Quelque chose mon ami, qui cachait des possibilités illimitées, extrêmement vastes. »[2]. À la même période, il se lance dans la création de plusieurs petites figurines en terre-cuite dans lesquelles il laisse libre cours à ses désirs et ses visions : Petite Faunesse étendue (1906), Petite Volupté à genoux (1907) et notre Petite faunesse debout attestent de ce vent de liberté. « C’est avec la série des petites sculptures de 1906 à 1908 que Gargallo cherche, non plus à copier la nature, mais à la réinventer. »[3]
Ici, il exagère les formes, les synthétise, s’éloigne de la vérité organique pour offrir sa vision imaginaire et sensuelle de la femme. Les seins et les fesses sont ronds, presque sphériques, la taille très fine laisse place aux formes amples et rebondies du bassin et des cuisses. Le buste s’épanouit tel une amphore. Petite faunesse debout convoque le souvenir des Vénus préhistoriques, celle de Willendorf mais plus encore celle de Lespugne, ces déesses de la fertilité qui sont aussi des représentations du désir sexuel. Intitulée faunesse, la référence à la mythologie confirme l’aura sensuelle dont l’artiste dote son œuvre. Et les pieds, un peu courts, s’apparentent à des sabots de chèvre… Petite Faunesse étendue[4], créée deux années plus tôt, montrait une petite figure féminine étendue lascivement, offerte.
D’un point de vue purement plastique, Petite faunesse debout présente les caractéristiques de la vision créative de Gargallo ; une vision faite d’arabesques, de courbes sensuelles, de volupté. C’est le cas aussi dans le pendant métallique de son œuvre avec Torse de femme[5] de 1915, en plaques de cuivre découpées. Il semble que l’artiste ait voulu adapter, avec la méthode de l’assemblage, les mêmes formes, proportions et silhouette que dans Petite faunesse debout. Puis l’année suivante, en 1916, dans la série des plaques en cuivre repoussé, le Nu de femme debout[6] reprend encore la silhouette et la déhanché de Petite faunesse debout, mais avec le traitement frontal du dessin en bas-relief.
Le modèle est donc à l’origine de divers développements dans l’œuvre du sculpteur espagnol. Et, ne préfigure-t-il pas également le Torse blanc d’Alexandre Archipenko (musée national d’art moderne, Paris, inv. AM1976-1131) ?
Notre Petite faunesse debout est l’une des deux terre cuites connues exécutées par l’artiste avant le tirage en bronze du modèle. Elle porte le monogramme de l’artiste « PG », la datation « 08 », et provient directement de l’atelier de l’artiste puis de sa famille.
L’édition en bronze du modèle comprend 7 exemplaires numérotés ainsi que 3 épreuves d’artistes, 1 bronze hors commerce n°1/1 et 1 bronze « museo Pablo Gargallo », conservées au musée Pablo Gargallo de Saragosse, en Espagne.
L’exemplaire 1/7 se trouve au musée des beaux-arts de Dijon (inv. DG 409, don de Pierre et Kathleen Granville en 1976).
[1] 1979 ANGUERA, p.60.
[2] Cité in. Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, 2004, p.58.
[3] 1979 ANGUERA, p.59.
[4] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°28.
[5] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°56.
[6] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°75.