Pablo Gargallo

Profil de Magali 1913

Plaque en cuivre repoussé – pièce unique
16,5 x 14,7 x 1,4 cm

Provenance

  • Atelier de l’artiste
  • France, famille de l’artiste

Bibliographie

  • 1970 EXPOSITION : Gargallo, Paris, musée Rodin, 1970, cat.21.
  • 1973 COURTHION : Courthion, Pierre, Pablo Gargallo, catalogue raisonné par Pierrette Anguera-Gargallo, XXe Siècle, Paris, 1973, repr. n°42.
  • 1979 ANGUERA : Anguera, Jean, Pablo Gargallo, éditions Carmen Martinez, 1979 Paris.
  • 1980-1981 EXPOSITION : Pablo Gargallo, musée d’art moderne de la ville, 18 décembre-1er mars, n°23.
  • 1994 MUSEO PABLO GARGALLO : Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, Electa, 1994, repr. p.84-85 (le bronze du musée).
  • 1998 CATALOGUE RAISONNÉ : Gargallo-Anguera, Pierrette, Pablo Gargallo, catalogue raisonné, préface de Philippe Dagen, l’Amateur, 1998, p.108, n°52.
  • 2001 EXPOSITION : Pablo Gargallo, Monnaie de Paris, 3 avril – 10 juin 2001, repr. p.26.
  • 2004 EXPOSITION : Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, Valencia, 29 janvier- 2 mai 2004, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre 2004, repr. p151.
  • 2004 MUSEO PABLO GARGALLO : Ordóñez Fernández, Rafael, Museo Pablo Gargallo, ayuntamiento de Zaragoza, 2004.
  • 2018 CASTRES : Gargallo, le vide est plénitude, Augé, Jean-Louis, sous la direction de, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018, repr.p.24.

Expositions

  • 1915-1916 BARCELONE, Gargallo, Galerías Valentí, décembre-janvier.
  • 1959 PARIS, jeunesse des maîtres de la sculpture du XXe siècle, musée Rodin, 16 octobre-30 novembre.
  • 1966 DUISBOURG, Gargallo, Wilhem-Lehmbruck Museum, 19 novembre-31 décembre, n°16.
  • 1970 PARIS, Gargallo, musée Rodin, 23 avril-8juin, cat.21
  • 1971 MADRID, Gargallo, Museo Español de Arte Contemporáneo, 23 octobre-5 décembre, n°17.
  • 1980-1981 PARIS, Pablo Gargallo, musée d’art moderne de la ville, 18 décembre-1er mars, n°23.
  • 1981 BARCELONE, Gargallo Exposició del Centenari, Gargallo, Palau de la Virreina, 1 avril-24 mai, n°28.
  • 1981 LISBONNE, Gargallo, Fondation Calouste Gulbekian, juin-juillet, n°24.
  • 1981-1982 MADRID ZARAGOZA, Gargallo Exposición del Centenario, Palacio de Cristal, 20 octobre-26 novembre, La Lonja, 7 décembre-10 janvier, n°50.
  • 2001 PARIS, Pablo Gargallo, La Monnaie, 3 avril-10 juin.
  • 2004 VALENCIA-BIARRITZ, Pablo Gargallo, Institut Valencia d’Art Modern, 29 janvier- 2 mai, Centre Le Bellevue, salles Les Rhunes et les Vagues, Biarritz, 25 juin-3 octobre.
  • 2018 CASTRES : Gargallo, le vide est plénitude, Castres, musée Goya, musée d’art hispanique, 29 juin – 28 octobre 2018.
Cette plaque en métal repoussé est une œuvre unique.
Elle est l’original qui a permis une édition en bronze.
Cette édition comprend 7 exemplaires numérotés ainsi que 3 épreuves d’artistes et 1 bronze « museo Pablo Gargallo ».
Deux épreuves en bronzes sont localisées dans des musées :
  • Madrid, Museo nacional centro de Arte Reina Sofia, bronze E.A.1/3, AD03606, donation de Pierrette Anguera en 2004
  • Zaragoza, Museo Pablo Gargallo, bronze « museo Pablo Gargallo ».
Tel un dessin au trait, ce portrait sensible et fidèle décrit le profil de Magali Tartanson, la compagne de Gargallo. En 1913, les jeunes gens viennent de se rencontrer, à Paris, grâce à l’entremise du peintre Juan Gris (voir la photographie ci-dessous). Ils se marient en 1915, s’installent à Barcelone pendant les années de guerre, jusqu’en 1924. Puis ils reviennent s’installer à Paris. Le couple est solide et forme équipe, se soutenant mutuellement.
 
Un dessin de la même année représentant aussi Magali de profil, à l’encre, est à rapprocher de ce portrait en bas-relief[1]. Et, toujours en 1913, Gargallo crée un Masque de Magali [2] en fer découpé, dans le même esprit que les premiers masques en feuille de métal, une série débutée en 1907 avec le Petit masque à la mèche. Ce Masque de Magali résulte de l’assemblage de diverses formes découpées dans la feuille de métal et témoigne du nouveau langage sculptural que Gargallo développe alors, exploitant les possibilités expressives propres de ce matériau : les cheveux sont traités en lanières, les yeux en boutons, la bouche et le nez sont stylisés avec habileté.
Les différents modes de représentation pour traiter un même sujet à la même période montre bien la quête à laquelle Gargallo se livre pour trouver l’expressivité la plus adéquate et prouve aussi son admiration pour sa femme.
 
Dans Profil de Magali, la plaque de métal est gardée dans son intégrité, sans découpage. Le portrait de profil est traité comme les premiers portraits peints de la Renaissance qui étaient eux-mêmes inspirés des portraits sur médailles. Ainsi pense-t-on par exemple au Portrait de Sigismond Malatesta peint par Piero Della Francesca au XVe siècle, que Gargallo a pu voir au Louvre. La ligne qui découpe la silhouette du portrait est très nettement dessinée ; le métal est repoussé et bombé jusqu’à atteindre une profonde épaisseur sur toute la tête. La chevelure est représentée en casque, recouvrant l’oreille, avec de fines lignes ondulantes gravées sur le pourtour du visage. Les traits de la physionomie sont traités avec finesse et fidélité. Une légère fossette derrière la bouche est même décelable ; tandis que l’œil est parfaitement logé dans une ligne arrondie allant de l’arête du nez jusqu’à la tempe. La texture de la peau est rendue grâce à une martelage précis donnant un grain fin. À l’inverse, le fond plat autour du portrait est rendu vivant à l’aide d’un martelage beaucoup plus grossier créant une myriade de larges points.
 
Dans le catalogue de l’exposition au musée d’art moderne de la ville de Paris en 1980, une note manuscrite de Gargallo à Magali est reproduite dans la notice dédiée à l’œuvre[3] : « Les mots les mots comme on en dirait moins, chère Magali, si l’on pensait à tout ce qu’ils ravagent. On les dit la plupart du temps comme on dissiperait son cœur dans les nuages. Mais voilà qu’un masque de vent prend tout à coup la place du visage. Ton ami. P. »
 
Le relief est exposé dès 1916 aux Galeries Valenti à Barcelone puis sera montré dans toutes les expositions importantes de l’artiste (voir la liste ci-dessus).

[1] Repr. in. 1970 EXPOSITION, cat.116 : Magali, 1913, encre, 24,5 x 19,3 cm, collection Anguera-Gargallo.
[2] 1998 CATALOGUE RAISONNÉ, n°53 : Masque de Magali, fer, 14 x 11 x 3,5 cm, succession Gargallo.
[3] 1980-1981 EXPOSITION, n°23.